Vous avez dit « groupement d’employeurs » ?

Economie

Encore peu connue ici, l’idée du groupement d’employeurs, qui permet aux entreprises de se partager des salariés en fonction de leurs besoins, commence à faire son chemin. Si vous n’en êtes pas convaincu, demandez à Joël Villette, président de Kairos GE…

À la retraite depuis 2007, cet ancien commandant de police et inspecteur santé et sécurité au travail ne lâche rien de ses convictions, envies et activités. « En tant que président de l’association (eh oui) Kairos GE, je suis complètement bénévole mais cela me permet de garder contact avec le monde vivant, les gens, les entreprises. » Avec pareille entrée en matière, on ne s’étonne pas de l’entendre défendre avec verve et conviction le groupement d’employeurs qu’il pilote comme il le fait pour le site Icéo voisin*, qui a débuté son activité le 15 avril.

« Nous sommes en plein dans l’économie sociale et solidaire. On crée de l’emploi à travers le groupement d’employeurs, avec des salariés qui partagent leur temps dans différentes entreprises. Cela va du secrétariat aux ressources humaines. On apporte les mêmes compétences (que les salariés à temps plein, ndlr), mais on est moins cher. »

Innovation sociale

Depuis 2016, Kairos GE est ainsi l’employeur, pour ses clients, de six salariés (aussi dynamiques que fiers de participer à une véritable innovation sociale), deux ingénieurs, deux ergonomes – psychologues du travail et autant de secrétaires « Ils sont dispersés dans les entreprises (grande distribution, transport sanitaire, bâtiment). Ils ont une voiture, un téléphone pour qu’ils soient autonomes, de vrais consultants. »

S’il recrute des « jeunes fortement diplômés mais sans emploi », le groupement accueille également « des ‘anciens’,  des plus de 45 ans pourtant très expérimentés mais qui ne retrouvent plus de travail, des victimes du travail (maladies professionnelles ou accidents), afin de leur retrouver un emploi correspondant à leurs capacités. » Tous viennent de Pôle Emploi qui opère une pré-sélection. Et, évidemment, « le but est de leur faire du plein-temps, c’est plus intéressant pour eux qu’avec un seul patron : si l’on en perd un, il reste les autres. » Élémentaire.

Et Joël Villette de poursuivre concernant les plus jeunes actifs : « On sait bien qu’on ne va pas les garder toute la vie. C’est un tremplin. Ces années de multi activités, c’est un ‘petit’ point qui va les valoriser. »

* Ce site interactif vise à fédérer les activités des acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire.


 

Le temps partagé, un vague concept encore

Selon la loi, une entreprise de travail à temps partagé (ETTP) est définie comme « toute personne physique ou morale dont l’activité exclusive consiste (…) à mettre à dispositions d’entreprises clientes du personnel qualifié qu’elles ne peuvent recruter elles-mêmes en raison de leur taille ou de leurs moyens. » Autrement dit : « on fait de la location de personnels. »

Mais si « ça roule au niveau réglementaire, ça pêche au niveau des employeurs potentiels. », déplore un Joël Villette prêt à contrer toutes les interrogations, objections. « Pour le prix d’un cadre, l’entreprise peut s’offrir deux compétences qui lui font défaut. »

KAIROS GE – Boulevard de la Fosse 9 à Annequin (site Mazbox), (T) 03 21 26 53 17 – www.kairos.ge.org

> Kairos GE a bénéficié de l’accompagnement au développement proposé par l’Agglomération ainsi que son aide financière dans le cadre de son soutien à l’économie sociale et solidaire.